Souvenirs d'enfance (12)

Souvenirs d'enfance (12)
En ma troisième année, j'ai fait la connaissance de deux instituteurs:celui de la langue arabe et celui de la langue française.
Le premier s'appelle monsieur Moumni.C'était quelqu'un de dur.Il ne souriait jamais.A croire que c'était un robot.
Au début de l'année, il nous avait présenté un gros bâton qu'il tenait d'une main d'expert.Il le fit vaciller un moment; puis ,nous dit :
_" Je vous présente Messaouda .Elle va vous accompagner durant toute l'année.
Nous ,on le regardait(le bâton, bien sûr) avec une sorte de curiosité ,mélangée de peur.
Il fit le tour de la classe et reprit:
_" Vous savez, Messaouda n'est méchante qu'avec les paresseux, les bavards et les dormeurs .
Et d'ajouter:
_" Messaouda va faire un tour pour mieux vous connaitre .Elle, elle connait ses ennemis .Dès qu'elle les voit , elle se met à trembler de colère .Regardez!
Aussitôt, le bâton se mit à vaciller entre ses doigts .On dirait qu'il voulait sauter sur l'un des élèves.En effet, certains de mes compagnons ne cachaient pas leur méfiance.Il y en avait qui pleuraient .
Je me souviens de l'un d'eux qui s'était mis à chialer :
_" Maman, maman, viens me prendre.Messaouda veut me battre.
Aussitôt, monsieur Moumni réalisa qu'il était allé un peu loin.
Alors, d'un geste brusque il fit immobiliser son bâton.Celui-ci devient aussi inerte qu'un chat devant une cheminée.
Il nous regarda cette fois avec pitié .Ensuite, il dit:
_" Ecoutez-moi, les petits.Je crois que Messaouda va faire des exceptions pour certains.
Tous les élèves tendent leurs oreilles .
_" Et bien, ajoute-t-il, que ceux qui ont quelconque blessures ou anomalie dans leurs mains se lèvent et viennent vers moi.Messaouda va voir ça de près.Peut-être bien qu'elle vous fera des faveurs.
Au début , personne n'osa se lever.Soudain, un petit dodu se dirigea vers l'instituteur en montrant un doigt enflé.
_" Monsieur, regardez, ce doigt me fait souffrir et j'ai peur que Messaouda..
Monsieur Moumni l'interrompt net et dit:
_" Tu as raison, mon petit de signaler ce détail.Aussi, je vais te dire une chose:cette main sera épargnée des coups de bâton; par contre celle-là.
Il désigna la deuxième main valide de l'élève et ajouta:
_" C'est là que tu auras tes coups de bâton.
Déçu, le dodu retourna à sa place tout penaud.
Quelques instant après, un autre élève lève sa main.Après l'autorisation du maitre, ce dernier dit:
_" Monsieur, moi j'ai les deux mains qui me font mal.
L'instituteur le dévisagea longuement.Nous, on croyait que notre maitre ne savait quoi faire .Tout à coup, il se mit à rire ;puis, s'approcha de l'élève et lui dit:
_" Tu espérais éviter les coups de Messaouda.Je te déçois mon petit..
Puis, il désigna du doigt la partie la moins intéressante de son corps....enfin, celle qui lui sert à s'asseoir et dit:
_" Mon petit, c'est là que tu recevras tes coups.
Après cela, personne n'osa réclamer quoi que ce soit .
Pour l'instituteur de la langue française, au contraire c'était quelqu'un de très élégant.
Il changeait de costumes toutes les semaines.Il avait une voiture ; si je me rappelle bien ,c'était une Simca 1100.
Quand il la stationnait devant l'école, il prit son mouchoir et essuya la poussière sur les quatre roues.
Il aimait la propreté.En classe, il s'intéressait toujours à notre tenue.
D'après lui: un élève propre est quelqu'un qui travaille; un élève sale est une personne paresseuse.
Au fait, il s'appelle monsieur Kelfati.
Je ne vous cache pas que j'étais le premier de sa classe.
Comme je vous l'avais déjà dit : les années que j'ai dû passer chez les s½urs m'ont beaucoup.Parce que là-bas, on parlait français .
Donc, je n'avais pas besoin d'apprendre l'alphabet .Aussi, c'était assez facile pour moi de lire un texte.

A suivre....


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 19:23

Souvenirs d'enfance (11)

Souvenirs d'enfance (11)
Toujours à propos de mes souvenirs d'enfance , je vais vous parler de mes premières années à l'école .

Avant d'aller à l'école primaire, j'ai passé deux années chez les s½urs ; j'avais ce temps là presque 5 ans.
Vous vous souvenez bien de l'ancienne église qui se trouvait au village des mottes (Touba).Ces serviteurs de Dieu ont fait ouvrir une école maternelle pour garder les enfants et en même temps leur apprendre beaucoup de choses: écrire ,lire , dessiner , créer des jeux.
Pour ne rien vous cacher, j'ai beaucoup appris.
Ce que je me rappelle bien:le matin, vers dix heures pendant la recréation, on nous donnait un verre de lait chacun avec un petit pain beurré ou des biscuits.
On sortait vers 11:30.
Bien entendu, nos parents venaient nous chercher.
Si par hasard, un parent tardait à récupérer son rejeton de fils, figurez-vous qu'on gardait le petit .Pas question de le laisser partir seul.Même si un adulte se présentait comme étant un de la famille de l'élève, les responsables refusait toute demande.Eux ,ils ne reconnaissant que les parents légitimes qui avaient le droit de prendre leur enfant à la sortie.
Savez-vous que c'était une joie pour moi quand mon père tardait quelques fois à venir me prendre ?
D'abord, j'avais droit à un second verre de lait.Des fois un morceau de chocolat.Quant au déjeuner, il était excellent: un morceau de viande, des frites , une boisson un dessert à la crème...bref quelque chose que je ne ne mangerais jamais chez moi.
Le soir vers deux heures, on nous obligeait à faire la sieste.
Elle durait jusqu'à trois heures.Après, on nous donnait des jouets ,des formes cubiques , du papiers et des pinceaux .Cacun de nous choisissait l'activité qui lui plaisait.
Vers cinq heures, heures de la sortie, on nous offrait des bonbons et des biscuits.
Au fait, rare ceux qui avaient fait placer leurs enfants dans cette maternité .
Croyez-moi les amis le prix était exorbitant.Jugez par vous même: 2500 centimes pour chaque mois.
C'était en 1964 .Mon pauvre père avait du marchander avec la mère pour enfin payer 4500 centimes pour mon frère et moi.
Elle a bien voulu nous faire une remise de 500 centimes.

Avec cette remise, vous pourriez acheter 25 kilos de pommes de terre, presque 8 petites bouteilles de coca ou 750 grammes de viande de mouton.
Pour vous dire !
A 7 ans, j'ai passé 6 années a l'école Berthelot (connu sous le nom de Ibn-Elkhatib.
Mes études secondaires, je les ai passées au collège Pasteur , puis au lycée Abdelmoumen

Mes années en primaire , je les ai passées à l'école Ibn-Elkhatib connu jadis sous le nom de Berthelot
Ma première année en 1966/67 ,j'ai fait la connaissance de monsieur Moukhtari
Pour ma deuxième année, notre maître s'appelle My Rchid .
Je me souviens encore de lui, c'était le plus gentil de tous les enseignants à l'époque.
Il ne frappait jamais.Il ne se mettait jamais en colère.
Je me rappelle d'une petite anecdote: un jour un élève s'est endormi en classe .Quand My Rchid l'a vu, il a souri.
On croyait qu'il allait lui verser un verre d'eau sur la tête.
Mais, au contraire , il nous a d'abord demandé de ne faire aucun bruit ,au risque de réveiller le dormeur.
Puis, il pris tous les jouets qui étaient dans le musée de la classe.Il les a posés autour de l'élève endormi.
Je me souviens,il y avait une voiture ,un chameau, un singe, une banane, un avion , un petit ourson et même des poupées!
Il a aussitôt pris sa baguette avec laquelle on faisait la lecture. .Puis, il s'est mis à donner des coups sans aucune brutalité au dormeur.
Si vous étiez là, vous auriez vu la tête de notre dormeur.
Aussitôt, il ouvrit ses yeux .Il jeta un regard autour de lui .Les "belles créatures" lui faisaient face ; ça l'enchantait et il se rendormit sur le champ.
L'instituteur le réveilla de nouveau.L'élève ouvrit ses yeux de nouveau et refit le même manège.
Nous , on s'amusait comme une équipe de bossus.
Enfin de compte, l'élève se rendit compte qu'il n'était pas entrain de rêver; alors, le pauvre se mit à pleurer .
Heureusement que My Rchid était là pour le consoler.Il lui a donné un de ses jouets .

A suivre.....


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 19:21

Souvenirs d'enfance (10)

Souvenirs d'enfance (10)
Pour mes souvenirs avec Aziza, je vais en rester là.Au fait, cette année, j'ai échoué à l'examen.C'était évident de la part de quelqu'un comme moi qui a délaissé ses cours et même, il s'absentait souvent .
L'année d'après, ma famille déménagea vers une autre ville: Rabat.
Là-bas, j'ai poursuivi mes études au lycée Moulay Youssef.Cet établissement se trouve dans l'un des coins du Palais Royal.Il est célèbre parce que tout simplement des ministres et des grands écrivains étaient de ses élèves!
En 1980, j'ai eu mon bac .Cette année là, j'ai décidé d'aller faire un tour à Oujda.Justement , cela faisait presque trois ans que je n'avais pas vu ma ville natale.
J'ai fait un tour aux alentours de mon ancien lycée.Evidemment, c'était les vacances .Aussi aucune trace d'élèves.Je ne sais pas ce qui m'était arrivé; mais je crois que j'avais la nostalgie "du banc".
Je voulais juste voir ma classe .J'aurais été dans les anges , si j'avais pu m'asseoir dans ma place et même celle de ma bien aimée.
Vous l'avez bien deviné, je suis allé à l'ancien domicile de Aziza.Je croyais rencontrer le vieil homme.Pour cette fois, personne ne m'ouvrit la porte.Preuve, qu'il n'y avait personne dedans !
Un jour, j'étais à l'ancienne médina avec un de mes amis.Je voulais voir de près Abdallah Lmagana.
Soudain, j'ai vu ....de mes propres yeux une personne à environs 200 mètres.Non, je crois que c'était à 100 mères....peut-être bien 80 mètres....60 mètres...je ne sais plus! Cette personne ressemblait comme deux gouttes d'eau à Aziza .
Je ne sais pas comment l'aurais-je aperçue d'aussi loin ,moi qui porte des lunettes de vue.En tout cas, j'étais persuadé que c'était elle!
Alors, j'ai crié aussi haut que je le pouvais:
_"Azizaaaaaaaaaaaaaa...............!
L'interpelée me regarda de face un certain moment.
Mes amis, c'était elle .Preuve que des fois ce ne sont pas nos yeux qui voient mais nos c½urs.
Je l'ai vue me sourire .
Une grande chaussée nous séparait l'un de l'autre.
Je voulais la traverser, mais la circulation était tellement dense que c'était presque certain de me voir écrasé par un des véhicules .
Alors, je lui envoyai des signes de mains.Elle en fit autant.
Mon ami, fort surpris me dit:
_" Qui est cette fille, Casanova ?
_ Qui ?...Ah, une ancienne amie à moi
_ Oui, dit t-il entre ses dents, une amie qui s'est enfouie avec ton c½ur!
_ Qu'est-ce que tu dis ?
_ Oh! Rien, je pense seulement que cette fille est accompagnée .Je crois que c'est son époux , non ?
Tout à coup, je me rendis compte que ma petite amie n'était pas seule.Il y avait un homme qui lui tenait le bras ; en plus derrière eux, une vieille dame qui marchait avec peine.
En bon gentilhomme, je détournai ma tête .Puis, je changeai aussitôt de direction .Mon ami dut me suivre sans rien comprendre:
_" Mais, s'exclame-t-il, ta "bien aimée" te fait des signes de venir vers elle
Je ne répondis pas , mais j'accélérai mes pas.Enfin, je m'arrêtai dans un coin .Franchement, mes douces amies, j'étais fou furieux.
Vous ai-je dit que j'avais acheté une superbe horloge qui sonne à chaque heure avec une sonnette différente à chaque fois ?
Du coup, je l'ai écrasée de mes pieds .Bien entendu, les passants se demandaient si je ne serais pas un fou à lier .
Mon compagnon essaya de me calmer;mais, en vain.
Le pauvre, lui même avait subi quelques uns de mes tempéraments.D'abord, je l'avais insulté par tous les noms (connus et inconnus dans les dictionnaires).Je lui avais craché dessus.J'ai même pris une pierre pour la lui lancer dessus.Heureusement que c'était le coup qui m'avait fait reprendre mes esprits.Figurez-vous que je venais de rater de peu une dame .La pierre était allé casser une vitre d'un magasin .Aussitôt mon ami me dit:
_" Houmidi, si t'as encore tes jambes, prends les , on va nous sauter dessus d'un moment à l'autre.
Brave ami, comme récompense de mon comportement envers lui, il tenait toujours à m'aider .
Alors, nous primes nos jambes a nos cous et nous disparûmes dans la nature .
Dans notre quartier, je racontais à mon ami mon histoire avec Aziza.Quand, j'eus fini, il éclata de rire.Bien entendu, ça ne me plaisait guère .Cependant, j'essayai de me calmer.Aussi, je souris comme la Joconde et lui demandai qu'est ce qu'il y avait de drôle dans mon histoire.
Il se tut un bref moment ; puis, il répondit:
_" Moi aussi, ça m'est arrivé
_Arrivé quoi ?
_ Aimer une fille
_ Et, alors ?
_Elle m'a laissé tomber
_ Tu sais, c'est pas la même chose !
Bounour me regarda d'un air moqueur :
_" Les filles changent de garçons tout comme elles changent de vêtements !
Avant de le quitter, je lui rétorquai:
_" Dis-moi, quand la fille t'a laissé tombé , j'imagine que t'as du faire du bruit !
_ Tiens, comment le sais-tu ?
_ C'est normal, tu pèses presque un quintal ..et encore une grande partie de graisse !
Bien entendu, je m'enfuyais aussi vite que je le pouvais, laissant mon ami attraper sa crise de folie.

A suivre.....


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 19:16

Souvenirs d'enfance (9)

Souvenirs d'enfance (9)
Hafida était une personne aussi jolie que vaniteuse .Depuis sa venue au lycée, elle s'était fait beaucoup de liaisons avec les garçons .Elle avait même essayé de lier des connaissances avec certains professeurs .
Donc , Hafida était jalouse de ma relation avec Aziza.Elle croyait qu'elle allait m'attirer par sa beauté et ses manières du savoir vivre.Mais , elle se trompait jusqu'à s'enfoncer le doigt dans la pupille de l'½il !
Le lendemain matin, je passai par la demeure de Aziza.Qu'elle fut ma joie de voir que la porte était entrouverte et sur le seuil de la porte une jeune fille qui balayait le trottoir .
Je m'approchai de la dite personne et la saluai ,avant de lui demander d'avertir Aziza de ma venue .
La petite "balayeuse me regarda un moment surprise , puis répondit tout simplement :
_" Quel Aziza , jeune homme ?
Cette question était loin de me rassurer :
_" Ben, la fille qui habite cette maison.
Pour lui prouver que je savais de quoi je parlai, j'ajoutai:
_" Vous savez, je suis venu maintes fois visiter mon amie ici.Alors, s'il vous plait, dites lui que Hamidou l'attend.
La bonne me dévisagea longuement.J'eus l'impression qu'elle voulait savoir mon poids et ma taille.Enfin, elle dit:
_" Attendez un moment, je vais appeler le monsieur de la maison.Lui, il saura vous répondre .
Et elle entra dans la maison , laissons derrière elle son balai .
Quelques minutes après, un vieil homme , qui devait avoir dans les soixante piges s'approcha de moi .C'était la première fois que je le voyais.Pour vous dire qu'il n'avait aucun lien de parenté avec mon ami; surtout pas son père, puisque ce dernier , je lui avais parlé des fois quand je revenais en compagnie de Aziza.
Bien entendu, lui aussi parait ne pas me connaitre.Aussi, il dit to de go:
_" On m'a dit que tu cherches une certaine Malika !
Je rectifiai:
_ Non, monsieur, Aziza.
Le sexagénaire se contenta de sourire et ajouta:
_" Malika, Aziza, ou Rahma , peu importe .Dans cette maison, il n'y a pas de filles à part la bonne que tu as vue .
Je restai perplexe un certain moment .Mon silence ne dura pas longtemps.Aussi je lui dit:
_" S'il vous plait, monsieur , depuis quand habitez-vous cette maison ?
_ Depuis un mois environs...Pourquoi ?
_ La famille qui habitait là, où est elle ?
_Ah, tu parles de hadj Abdeslam .Mon petit, il m'a vendu sa maison il y a presque 6 mois .
Je crois bien qu'il était assez endetté , le pauvre.
Après un bref silence dû à une toux passagère, il continua:
_ Il m' a dit qu'il irait s'installer à Fes .D'ailleurs, il est originaire de cette ville.
J'hésitai un moment avant de dire :
_" Dites-moi, s'il vous plait, quels sortes de problèmes avait monsieur Abdesslam ?
Le vieux fit la moue et répliqua:
_" A vrai dire, je ne sais pas .
Il se tut ,comme s'il essayait de se rappeler des détails .Soudain, il dit:
_ ça y est, j'y suis !Il parait que c'était un mordu du poker .Je crois qu'il a perdu une grosse somme d'argent .
Je pris congé du vieux et retournai chez moi .Tout simplement, je n'avais plus le goût des études.

A suivre........


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 19:14

Souvenirs d'enfance (8)

Souvenirs d'enfance (8)
Un jour, le professeur de français me dit:
_" Abdelhamid, j'ai à te parler.S'il te plait à la fin du cours, attends moi près du portail ; je voudrais discuter avec toi au sujet de ton amie Aziza ."

Il était cinq heures du soir quand le professeur de français m'invita à monter dans sa voiture.En chemin, il se contenta de parler du beau et mauvais temps.Arrivés près d'un café, il s'arrêta et m'invita à nouveau pour boire une boisson.
J'attendais avec impatience qu'il me parlasse du vif du sujet .
Donc, nous prenions des sièges au coin de l'établissement .Le professeur appela le garçon et me dit:
_" Que veux-tu boire une boisson chaude ou froide ?
Je regardai mon interlocuteur d'un air hésité et je répondis:
_" Un coca, si c'est possible !
Le professeur hocha sa tête et ajouta:
_" Pour moi ça sera un café noir
Aussitôt, il sortit de sa poche une boite de cigarette qu'il me tendit :
_" Cigarette ?
_ Non merci, je ne fume pas !
_ Très bien , complimenta-t-il, tu es encore jeune et tu dois te concentrer sur tes études.....
Alors, je réalisai que le professeur venait de commencer la discussion .Aussi , je l'interrompis net:
_" Dites-moi, monsieur, est-il arrivé quelque chose de fâcheux à ma bien ai....je veux dire à Aziza ?
Ce dernier se contenta de sourire, un sourire qui me démontra qu'il savait presque tout de ma relation avec l'intéressée.Après avoir allumé une cigarette il dit:
_" Ecoute-moi, mon petit.......
Son petit était toutes oreilles ouvertes.
_" Tu sais, ajoute-t-il, je m'inquiète beaucoup sur ton état d'esprit .Depuis des jours, tu ne participes plus en classe; tes notes sont déplorables.
J'ai même consulté mes autres collègues: ils pensent la même chose que moi.
Il se tut un long moment.Je demeurai aussi silencieux qu'une carpe.Que pourrais-je dire sinon crier : j'aime Aziza et je ne veux qu'elle !.
Bien entendu, ça je le gardais pour moi .
Le professeur continua sur le même ton:
_" Tu sais , mon petit, il n'y a pas de mal à aimer une amie , surtout si celle-ci partage le même sentiment que toi.
Oui, mais faire de cet amour une obsession, ça je ne suis pas d'accord!
Regarde dans quel état tu es !Si ça continue comme ça, tu vas tout perdre et tu finiras par échouer à la fin d'année.
Note bien que les examens approchent ....
_" Je m'en foue éperdument, je n'aime plus les études!
_ Non, c'est pas vrai .Je sais bien que tu es l'un des meilleurs élèves; surtout en français.
Je baissai ma tête avant de commenter:
_" Dites-moi, s'il vous plait , pourquoi Aziza ne vient plus à l'école ?
Il répondit par une autre question:
_" N'es-tu pas allé chez elle ?
_Si, mais, il semble qu'il n'y a personne.
Monsieur Couderc sourit et reprit :
_" Et bien voilà:ta petite amie et sa famille viennent de déménager vers une autre ville .
L'idée était insupportable pour moi:
_" Non, non...c'est faux ,faux faux...
_ Calme-toi, les gens nous regardent .
Puis:
_" Pourquoi te mentirai-je ?D'ailleurs, tu peux toujours aller au bureau de surveillance , on te donnera des nouvelles .
Je me levai presto, je serrai la main de mon professeur et me contentai d'un merci .Après quoi, je rebroussai chemin vers le plus proche arrêt de bus .
_"Attends, cria une voix derrière moi
Je fis volte face.
Une belle créature s'approcha de moi avec un sourire angélique :
_"Où vas-tu comme ça ?
Je dévisageai l'arrivante: c'était Hafida , ma nouvelle compagne de table.
Vous ai-je dit que son frère était mon meilleur ami et que je l'avais connu quand j'étais au collège Pasteur ?
Figurez-vous que depuis que j'avais su cette parenté, j'essayais toujours de prendre mes distances avec elle.Bien entendu, elle le savait, mais elle faisait toujours en sorte pour me mettre dans l'embarras.
Elle avait des relations avec plusieurs garçons du lycée.Vous imaginez bien qu'elle se doutait que je pourrais fort bien tout dire à son frangin ; ne serait-ce que lui mettre la puce à l'oreille.La pauvre, elle était loin de croire que je m'intéressais aussi bien à elle qu'un sourd à une chanson d'Oum Keltoum.
Donc, pour ne pas lui manquer de respect, je lui dit tout simplement:
_" Je retourne chez moi!
Elle partit d'un rire qui me faisait penser à celui d'un clown à la vue d'une souris blanche dans le chapeau de son collègue .
_"Tu vas sûrement voir l'élue de ton c½ur
Je fis un geste brusque:
_" Hein !
_ Ben, quoi ?Et tu fais l'innocent !
J'étais fou furieux:
_" Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
_Oh rien
Puis, elle retourna sur ses pas , me laissant méditer sur mon sort , ou si vous préférez celui de ma bien aimée Aziza.


A suivre.....


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# Posté le samedi 18 juillet 2009 19:11