Souvenirs d'enfance (2)

Souvenirs d'enfance (2)
Alors, il faisait le tour de la ronde en tenant à la main un bol.Les grands personnes lui donnaient des pièces d'argent.Lui, il les remerciait avec des prières .
Après avoir amassé une somme d'argent qu'il estima juste suffisante pour le "djin", il prenait la caisse et nous lança:
_" Grâce à vos dons, vous allez voir surgir de ce tiroir :une banane et une pomme.
Aussi, il ouvrait très lentement le tiroir .Soudain, de sa main, il nous montra les deux fruits demandés par les deux enfants.
Bien entendu, ces derniers avaient l'eau à la bouche .D'ici peu ,ils allaient se régaler.
Malheureusement, au moment où le magicien s'apprêtait à faire goûter les deux gourmands leur fruit favori, un individu fit irruption dans la ronde et demanda au prestidigitateur de quitter les lieux sur le champ.Celui-ci regardait l'assemblée d'un air désolé et penaud et dit:
_" Mes amis , je dois vous quitter, je n'ai pas le droit de rester dans ces lieux plus du temps qu'il m'est autorisé.Alors , à demain!"
Il rangeait ses affaires et sortait accompagné de l'individu.
Des années après , je me suis rendu compte que ce gars était un de ses amis .Il était de connivence avec lui pour débarrasser le plancher avant de terminer le spectacle.Vous imaginez bien mes amis que notre magicien n'avait jamais mangé ni banane ni pomme .Il n'en avait que deux; alors c'était son gagne -pain pour attirer les spectateurs ou plutôt "les bons citoyens".
Je me souviens qu'un jour, j'avais décidé d'être parmi les deux personnes pour choisir le fruit à déguster.
En effet, le magicien exauça mon souhait .Alors en s'approchant de moi, il me lança:
_" Dis-moi, quel fruit veux-tu manger ?
Presto, je lui répondis:
_" Je voudrais une grappe de raisin !
Le magicien me dévisagea d'un air mi-figue mi-raisin ;puis me dit aussi tendrement qu'un chat à l'approche d'une souris:
_" Mon petit , je vais faire encore mieux: tu auras droit à une grosse banane !
_ Non, criai-je, je n'aime pas les bananes; moi je veux du raisin !
Le magicien regarda à ses alentours tout en suivant le regard des spectateurs ; puis d'une voix aussi mielleuses que savoureuse ,il ajouta:
_" Allez, toi tu es un garçon courageux et brave.Moi je vais te donner en plus de la banane , une pomme !
_" Non, non et non, hurlai-je à nouveau; moi je voudrais des raisins !
Vous imaginez bien que notre homme est dans de beaux draps .Comme vous devez le constater il est incapable de faire surgir le fruit demandé; surtout que les gens commençaient déjà à crier :
_" Donnez-lui des raisins!
_" Tu n'as qu'à demander à ton "djin", lui t'apportera ce que tu désires .
Notre magicien s'approcha de moi et me dit en chuchotant à l'oreille:
_" S'il te plait, ne me dénonce pas , je ne pourrai jamais te donner le fruit que tu désires.
Moi bonne âme, je lui dis:
_" Alors, donne moi une figue!
Le pauvre était sur le point d'attraper toute une crise de folie; heureusement pour lui, l'individu de la veille arrivait toujours au bon moment.Donc, la foule se dispersait et notre gars se sauva sans demander son reste.
Bien entendu, il changea pour un certain temps de quartier et s'installa dans un autre .

********


Il nous arrivait d'aller au cinéma.C'était la période des films de western , des films hindous .Moi, j'avais un faible pour les gladiateurs .Aussi quand le cinéma affichait :Hercule , Samson ou Spartacus, j'étais le premier à me procurer de l'argent pour avoir mon billet .
En ces temps là le prix du billet était de 60 centimes .Au fait, c'était une somme d'argent assez importante.
Figurez-vous qu'avec cette somme , on pouvait acheter 3 kg de pommes de terre, un litre de lait (en ajoutant 10 centimes),une bouteille de limonade (moyenne) ou une boite de sardine (en gagnant 10 centimes)
Comme je l'avais dit, la plupart de l'argent que j'amassais provenait de la vente des noyaux d'abricots, ou de ce que je gagnais dans les matchs de foot-ball(lire souvenirs de notre équipe de foot-ball).

A suivre......
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# Posté le mercredi 15 juillet 2009 02:40

Souvenirs d'enfance (1)

Souvenirs d'enfance (1)
Je me souviens assez bien de certaines périodes de mon enfance et celle de mon adolescence. Certes, on menait la vie dure, mais elle avait bon goût.Je crois que cela était du à la simplicité des rapports entre les gens;ces gens qui se contentaient du peu et n'avaient qu'un soucis: aider leur prochain.
La plupart des gens étaient pauvres ou du moins avaient juste de quoi subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.Je me souviens encore que toutes les portes étaient toujours ouvertes du matin au soir.Nous ,les mômes, on entrait comme dans un moulin.Il suffisait que l'un de nous sentait une odeur appétissante(de beignets ,par exemple) qu'il sonnait l'alarme .Et nous , en bons samaritains, on entrait comme la cavalerie ,avec le cri des indiens, dans la demeure .La propriétaire nous accueillait avec un sourire aimable et attendrissant et nous donnait toujours ce qu'elle avait entre ses mains.Chacun de nous prenait sa part et filait sans se retourner derrière lui.
Dans notre refuge, on savourait les délices qu'on nous donnait .On partageait avec ceux qui auraient raté cette occasion.
Au fait, chacun de nous avait un abri perché dans un arbre.C'était là qu'on discutait, qu'on échangeait des trucs, et bien sûr, se reposer.
Pour vous donner une idée, pour chaque arbre, il y avait deux abris .Aussi, chacun de nous avait son ami intime avec qui partager ses secrets et même lui confier ce qu'il dérobait chez lui .
J'avais pour compagnon mon frère .On ne se séparait que rarement .
A la maison, surtout après le déjeuner , tout le monde faisait la sieste .Nous, on ne la faisait jamais.
Mon frangin et moi avions une occupation des plus étranges:on chassait des mouches .Après leur avoir ôté leur ailes, on les plaçait sur le mur de notre court de maison .Comme ces mouches ne pouvaient voler, elles essayaient de se sauver en usant de leurs pattes.Pour nous, c'était la course.
Donc, chacune des mouches remontait le mur avec peine certes.Aussi, l'une devançait l'autre .Mon frère qui était un grand tricheur faisait toujours tomber la "mienne"par un coup de torchon .Moi aussi, je fais de même avec la "sienne".Alors, la course reprenait de nouveau.Cependant, il arrivait qu'on finissait par se chamailler , crier ou se quereller.Cela se terminait par l'arrivée de notre père avec son martinet .Pour ne rien vous cacher les amis, je me faisais tellement petit que je disparaissais après le premier coup reçu.Malheureusement pour le frangin, il criait comme un goret.Cela incitait le paternel à lui en flanquer d 'avantages de coups de fouets.Bien entendu, notre mère accourait avec mes autres frères et s½urs .Enfin, la correction prenait fin et chacun de nous revenait à ses occupations.Mon frère et moi reprenons notre course, comme si de rien n'était.Au fait, on chassait d'autres mouches et voilà!
les jeux de notre enfance étaient élémentaires , mais je crois qu'ils nous étaient très utiles et instructifs.
On jouait aux billes , comme à la toupie.Cependant, il y avait des jeux qui apparaissait selon les saisons.
Juste après l'Aïd el-kébir, on jouait aux osselets .Durant l'été, surtout la période des vacances, on collectionnait les noyaux d'abricots.Je me souviens qu'on amassait une grande quantité qu'on vendait dans un endroit appelé"alfanda9"
C'était pour nous comme des cartes de jeu.Aussi, on avait le loisir d'en gagner en les utilisant à la place des billes.Certains prenait le noyau et le transformait en sifflet par un système facile: le trouer au milieu tout en ôtant l'amande .
Il y avait aussi la "7alka".Je crois que c'était mon endroit favori après le refuge.
On allait souvent pour écouter des légendes sur Antar ben Chaddad ou Al-azalya .On les entendait de nombreuses fois, mais jamais on ne s'en lassait de les écouter.
Il y avait aussi un magicien qui nous épatait avec ses tours.Celui qu'il réussissait était le jeu du tiroir magique.
Il prenait une petite caisse et l'ouvrait au public :
_" Regardez, disait-il, il n'y a rien dedans "
puis il fermait le tiroir et reprenait:
_" Comme vous avez vu , la caisse et vide "
Alors, il appelait deux personnes présentes .Il disait au premier:
_" Dis -moi petit que veux-tu manger ?
La plupart des enfants avait un faible pour les fruits .Une grande majorité n'en mangeait jamais.Le seul fruit qu'on connaissait:l'orange.
Donc, l'interpelé répondait aussitôt:
_" Je voudrais une banane !
Le magicien répondait d'un air satisfait :
_" Très bien mon petit; tu auras d'ici peu ce que tu veux"
Se retournant vers le second, il lui posait la même question:
_" Et toi, que veux tu manger?Des bananes ?Non, toi, tu auras droit à une grosse pomme "
Bien entendu, le deuxième garçon était ravi du choix.
Donc, le magicien disait quelque "formules" magique pour ne pas dire maléfique; mais avant d'ouvrir la caisse , il nous regardait tous et disait :
_" Mes enfants, dans un instant vous allez voir dans ce tiroir surgir une banane jaune et une pomme verte ; mais il faut que vous me donniez "laftou7"
Ah, oui, c'est grâce à ça que le tiroir sera rempli de bonnes choses.Vous savez:cet argent je vais le donner au démon qui habite dans cette caisse.
Et d'argumenter:
_" Si je ne lui donne rien, alors pas de bananes pas de pommes !

A suivre.......
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# Posté le mercredi 15 juillet 2009 02:36

Les vrais amis (1ère partie)

Les vrais amis (1ère partie)
*Depuis une heure, j'attends un ami dans un café de la ville .Je décide de l'attendre encore.A présent, deux heures se sont écoulées et pas la moindre trace de mon ami.
A-t-il eu un empêchement ? Lui est-il arrivé un malheur ? A-t-il tout simplement oublié notre rendez vous ?
Je ne sais à quoi répondre .Néanmoins, pour couper court à ces interrogations, je décide de rendre visite à Mostapha, chez lui.
*Arrivé devant la maison, je constate un calme et un silence étonnant .Même les volets sont fermés !
Je fais jouer la sonnette ;personne ne répond.Je sonne encore plusieurs fois de suite, toujours rien!
Je m'apprête à rebrousser chemin, quand j'entends une voix derrière moi :
_" Vous êtes venu voir la famille R ? Ils sont en voyage; ils sont partis de bonne heure ."
Je me retourne vers l'arrivant.C'est un homme trappu,d'à peu près une cinquantaine d'années , ses cheveux sont blancs et marche en boitant.Il me tend une main chaleureuse que je serre avant de dire :
_" Savez-vous ou ils sont partis ?
_ Je crois :à Meknes.Oui, c'est cela ,le frère de monsieur R est décédé suite à un accident de route ."
Je reste interdit, la bouche entre-ouverte :
_"Aaah! finis-je par articuler.
_ Oui monsieur, ils ne viendront pas avant trois jours , me dit le quinquagénaire .
Je quitte mon interlocuteur un peu électrocuté par ses propos .Comme je ne peux rien faire pour le moment, je rentre chez moi.
dans ma chambre, je bois une tasse de café , puis je me couche , sans me soucier de l'heure du déjeuner .Je crois que j'ai perdu l'appêtit pour un certain temps.Je le fais savoir à ma mère tout en lui recommandant de ne pas me déranger sous aucun prétexte .
*Je me réveille vers 6 heures du soir avec une tête aussi lourde qu'un sac de farine. Je trouve devant moi sur la commode, un télégramme .Je l'ouvre et le lis:oncle décédé / partis pour Meknes/ mille excuses/ Malika.
Je dépose la dépêche tout en murmurant:pauvre Mostapha !
C'est un être très sensible qui ne supporte même pas la mort d'un simple animal.Je me souviens d'une scène semblable:Mostapha a eu beaucoup de peine pour son petit chat écrasé par une voiture .
Ce jour-là, il avait pleuré comme un enfant .
Comment se porte-t-il à présent,Tient-il le coup ?
Je donnerai n'importe quoi pour être à côté de cet ami et le consoler.Vraiment, c'est une perte affreuse pour quelqu'un qui n'a qu'un seul frère .
A suivre.......

# Posté le mardi 12 mai 2009 18:41

Les vrais amis ( 2 ème partie)

Les vrais amis ( 2 ème partie)
Trois jours plus tard, je décide d'aller voir mon ami .Devant le seuil de la porte, Malika , sa fille est entrain de jouer avec une voisine .
_" Malika! Ton père est là?
C'est sa mère qui me répond:
_" C'est vous Abdelhamid, nous vous attendions avec impatience.Vous êtes le seul qui puisse nous aider .Vous êtes bien son meilleur ami ?"
Effectivement, notre amitié ne date pas d'hier .On s'est connus à l'école primaire et depuis, on se fréquente assez souvent.
_" Comment est-il à présent? dis-je, sans ambages.
_ Pauvre Mostapha, il n'est plus le même .Cela fait deux jours qu'il s'est enfermé dans notre chambre .il a refusé de boire et de manger , en plus il ne veut voir personne , même moi, sa femme !
Mais, vous......
_ Je vais essayer , madame, je suis venu pour le consoler car je comprend sa douleur ."
J'entre dans la maison.Je donne quelques coups discrets sur la porte .Une voix me parvient :
_" Laissez-moi tranquile, je ne veux voir personne !
_ C'est moi, Mostapha, ton ami Houmidi (1) .Ouvre la porte s'il te plait !
_ Non , je ne veux voir personne, répète-t-il .
_ Même ton meilleur ami !D'ailleurs, n'ai-je pas été un frère pour toi ?
Mostapha ne répond pas .un court instant s'écoule ; dans l'attente, c'est une éternité !
Aussitôt, j'entends la clé tourner et la porte s'ouvrir .
Un ami tout à fait méconnaissable me fait face.Son visage est jauni par la faim et rangé par l'angoisse .Sa barbes le rend à la fois lugubre et désopilant.
Il s'efface pour me laisser entrer dans la chambre.

_" Ce n'est pas bien ce que tu fais Mostapha.Regarde dans quel état tu es !

_Je ne mérite pas de vivre après cela, lâche-t-il
_ Non , au contraire, tu dois vivre pour ta famille et pour tes amis .Allons , ne fais pas cette tête et écoute moi bien..."
Je lui explique quelques versets Coraniques et des "hadiths" sur la mort ,la providence et la destinée de l'être humain.Il m'écoute attentivement, sans m'interrompre .Enfin, il finit par battre sa coulpe et consent à regarder la vie en face..
Je le laisse se raser et s'habiller.
Dans le salon, sa famille parait reprendre ses esprits et soulagé du changement de l'attitude de Mostapha.
_" Tu as raison, m'avoue-t- il , j'ai été égoïste envers ma famille et mes amis.Je tâcherai de leur revaloir ça."
Je le quitte tout en lui serrant chaleureusement la main .Le lendemain, je l'accompagne à Meknes pour prier sur la tombe du défunt.


FIN


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# Posté le mardi 12 mai 2009 18:38

Rendez-vous manqué (1 ère partie)

Rendez-vous manqué (1 ère partie)
Je vous décris un jour que j'ai dû passer à Casablanca à la rencontre d'une jeune fille avec qui j'avais fixé rendez-vous .En ce temps là, j'avais à peu près 19 ans .Je venais juste d'avoir mon baccalauréat à Rabat.
Au fait, c'était mon premier rendez-vous sérieux, si je puis m'exprimer ainsi.
Plus de 30 ans passées, j'ai le plaisir de vous faire revivre ce jour .Bien entendu , j'ai quelques notes dans mon cahier souvenirs qui datent de l'époque .Aussi, sans avoir besoin d'user de ma mémoire d'éléphant, je vous écrirai un texte digne du professeur Houmidi.

Le jour du(1).......n'est pas un événement certes, mais que je ne peux oublier facilement.Pour moi , c'est un jour d'attente inutile , de désespoir et de tant d'emmerdements.
Ce matin, je me suis levé de bonne heure, bien avant que le coq des voisins n'ait pu se racler la gorge. J'ai fait ma toilette quotidienne ; puis, me suis habillé minutieusement .Après quoi, je suis sorti laissant derrière moi des ronflements insouciants du lever du jour .
Vers neuf heures, mes pieds avaient déjà tâté le sol de Casablanca. J'avais rendez-vous avec B(2).... entre dix heures, dix heures trente minutes .Aussi , en attendant, je me suis offert une promenade en passant par la place du 11 janvier et celle du Prince .
Arrivé près du théâtre municipal , j'atterris(sans me faire mal) dans un café nommé la Comédie .Je demandai un café.On me le servit dans une tasse aussi grande qu'un bol de soupe.Mais comme je n'avais pas pris de petit déjeuner chez moi, je l'acceptai à c½ur joie; d'autant plus que j'ai dû demander une grosse brioche au chocolat .Et tout en prenant mon petit déjeuner, je bouquinai un roman que j'avais apporté avec moi.

A dix heures pile, je quittai la Comédie et me dirigeai vers le théâtre municipal(3= .La place grouillait comme une fourmilière Beaucoup de garçons et de filles accompagnés de leurs parents .Tout en jetant un coup d'½il à la grande affiche,je constatai aussitôt que la marmaille avait rendez-vous avec l'oncle Driss(4). Les mômes , ils étaient tous excités et ne cessaient de sauter de joie !
Tranquillement, je fis les cents pas tout en regardant ma montre .
10heures 15 minutes : les gosses se ruèrent vers l'entrée du théâtre.Aussitôt, une cloche se fit entendre ...comme à l'école.Le spectacle avait débuté!
Le mien ne tarderait sûrement pas , me suis-je dit ,allons mon gars , il est 10 heurs 25 minutes !
A suivre ........


# Posté le mardi 12 mai 2009 18:33